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Report on March 19th / Compte-rendu du 19 mars / Articulo Marzo 19

Second day in Sangalcam / Deuxième jour à Sangalcam / Segundo dia en Sangalcam

English (French and Spanish are available below) :

On 19th March the second day of the workshop, there was a case study presentation on the land issue that described a typical process of people being displaced. In this case people moved from one place to another and were re-settled on land that was already being cultivated by the other community, which in turn created tension between the two communities because it threatened their original inhabitant’s source of livelihood. This presentation was the final input from the Senegalese community based leaders.

Between Silence and Violence there is space for Active Non-violence:

In the next session the Indian team of Rajagopal, Jill and Ajoy presented the perspective, strategy and foundation of the non-violent pro-poor land movement spearheaded by Ekta Parishad in India since 1991.

The starting point was an analysis of the socio-political and socio-economic situation at the grassroots with community participation. This analysis shows that it is actually a struggle for access and control over natural livelihood resources of land, water and forest in which the highly unorganised and disarrayed groups of communities were pitted against the highly organised instruments and structures of the State, corporate and feudal powers. And this situation results in silence on the part of communities that do not protest, or end in violence when unorganised communities try to protest and demand justice.

Ekta Parishad has proved time and again that painstaking organisation building results in a disciplined active non-violence by large numbers of poor people helping them move closer to the goal of pro-poor land reforms. This process of mobilisation backed by training is also complimented by continuous process of dialogue based on a foundation of evidentiary data and knowledge base.

Jagat Basnet from CSRC, Nepal then recounted on how a people based ‘National Forum for Land Reforms’ has come into being through persistent efforts from 2005 onwards. The cornerstone of this organisation is proper analysis and awareness of the social situation, self-reliance in actions of the community and leadership building from amongst the enterprising women and men in the communities. This they back up with a strong advocacy by participating in the policy formulation process of the State. The organisation grows in strength and people have so far acquired many thousands of hectares of land through various organisational action and processes.

Fr. Alberto Franco from Columbia who is a member of the ‘Inter-Churches Commission on Justice and Peace’ recounted one case study as an example where a community of about 14,000 people were fooled into moving from their traditional habitat into a refugee camp by being made to believe a non-existent threat of armed conflict between guerrilla groups and the military. Only when the ICC became involved through a process of ‘accompaniment’ with the community and helped them to systematically analyse the issue did the community realise that it was because a palm-oil company wanted the land for palm plantation did they realised that they had been hoodwinked by the non-existent threat of armed conflict.

The ICC was able to make this intervention in a remote area with the presence of the ‘Peace Brigade’ a group of foreign volunteers whose presence with ICC in the field prevents violence and fatal attacks on them. The people then moved back to their land supported also by international pressure created through international Human Rights bodies in Europe and America.

Marc Gansonre then presented how land reform was set in Burkina Faso, thanks to the important implication of the Farmer Confederacy, which realised a huge preparative work and keeps pressurising the State with the implementation of a vigilance committee. 

Martha Agbani from Nigeria shared the protracted non-violent struggle of the Ogoni tribe in process of finally evicting the Shell Oil from their lands. It was very clear that only tribal unity, tenacity and highly innovative methods of protests in the face of exploitation by a multi-national supported by the State led to their success. However, the land has been so devastated in the intervening years that UNEP report estimates it will take nearly 50 years for a full restoration of the land and marine environment. Having won the case against Shell continuing and also paying compensation for the damage the struggle now goes on to another level of realising this money and restoring the environment.

Finally, Tchandra Cochet added some elements about organisation methods of French social movements, such as the importance of gathering the whole civil society around the issue and showing creativity, which is one of the highest strengths of mass movements.

 

French :

Le 19 mars, second jour d’atelier, a commencé par l’exposition d’un cas de problème foncier qui présentait un processus typique de déplacement de population. Dans cette situation, des personnes ont été déplacées d’un lieu à l’autre, pour être finalement réinstallées sur des terres déjà cultivées par une autre communauté. Cela a généré beaucoup de tension entre les deux communautés car cela menaçait les ressources vivrières des premiers occupants. Cette présentation a été le dernier apport des leaders de communautés rurales sénégalais.

Entre le silence et la violence, il y a une place pour la non-violence active :

Dans un deuxième temps, l’équipe indienne composée de Rajagopal, Jill et Ajoy a présenté les perspectives, la stratégie et les origines du mouvement non-violent en faveur des revendications foncières des plus pauvres, mené Ekta Parishad en Inde depuis 1991.

Le point de départ de ce mouvement a été une analyse sérieuse de la situation sociopolitique et socio-économique dans le concret du terrain, avec la participation des communautés rurales. Cette analyse a montré qu’il s’agissait en fait d’une lutte pour l’accès et le contrôle des moyens de subsistance naturels issus de la terre, de l’eau et de la forêt dans laquelle les communautés rurales désorganisées ne peuvent rien face aux structures très organisées de l’Etat, des grosses entreprises et des pouvoirs féodaux. Et cette situation entraîne le silence des communautés qui ne se révoltent pas, ou aboutit à des situations de violence quand des communautés désorganisées essaient de protester et de demander justice.

Ekta Parishad a prouvé depuis des années qu’une organisation minutieuse pouvait impliquer un grand nombre de personnes défavorisées dans une action non-violente et disciplinée, qui les rapproche de leur but : obtenir des réformes agraires en faveur des plus pauvres. Cette mobilisation, basée sur la formation, nécessite aussi d’être complétée par un processus continu de dialogue fondé sur une base de connaissances et de données probatoires.

Jagat Basnet du CSRC, au Népal, a ensuite raconté comment un « Forum National des Réformes Agraires », basé sur les demandes du peuple, a vu le jour après de nombreux et persistants efforts depuis 2005. Les pierres angulaires de cette organisation ont été la prise de conscience et l’analyse sérieuse de la situation sociale, l’indépendance des actions des communautés rurales et la construction d’un leadership parmi les femmes et les hommes entreprenants de ces communautés. Tout ceci a été appuyé par un fort plaidoyer, des membres de l’organisation ayant participé à l’élaboration des nouvelles politiques agraires. L’organisation continue de s’étendre et la population a déjà acquis plusieurs milliers d’hectares de terres suite à différents processus et actions.

Le Père Jesus Alberto Franco Giraldo, de Colombie, membre de la « Commission Inter-églises pour la Justice et la Paix » a pris l’exemple d’un cas où une communauté d’environ 14000 personnes a été forcée de quitter son habitat traditionnel pour rejoindre un camp de réfugiés, sous prétexte d’un risque de conflit armé entre les groupes de guérilla et les militaires (menace inexistante dans ce cas précis). C’est seulement lorsque la Commission s’est engagée dans l’accompagnement de cette communauté et l’a aidée à analyser son problème, qu’ils ont réalisé qu’ils avaient été chassés à cause d’une entreprise d’huile de palme qui voulait installer ses plantations sur leurs terres. Ils se sont rendu compte qu'ils avaient été floués par cette menace inexistante de conflit armé.

La Commission a pu intervenir dans la zone de conflit, soutenue par la présence d’une « Brigade de Paix » (composée de volontaires internationaux), et leur présence sur le terrain a empêché toute violence et attaque. Les populations ont alors pu retourner sur leurs terres, grâce aussi à la pression internationale générée par différents organismes internationaux des Droits de l'Homme, en Europe et aux Etats-Unis.

Marc Gansonre a ensuite présenté la manière dont des réformes agraires ont été effectuées au Burkina Faso, grâce à l’importante implication de la Confédération Paysanne, qui a réalisé un gros travail de préparation et qui continue de mettre une pression sur l’Etat par la mise en place d’un comité de vigilance.

Puis Martha Agbani, du Nigeria, a partagé l’histoire de la longue lutte non-violente de la tribu Ogoni, qui a abouti à l’expulsion de l’entreprise pétrolière Shell qui occupait leurs terres. C’était très clair que seules l’unité tribale, la ténacité et les manifestations très innovantes ont mené à la victoire, face à cette firme multinationale soutenue par l’Etat. Cependant, leurs terres ont été tellement dévastées pendant toutes ces années qu’un rapport du PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) estime qu’il faudra presque 50 ans avant la restauration complète de la terre et de l’environnement maritime. Ayant gagné la lutte contre Shell et on reçu la promesse d’une compensation financière pour les dégâts, la lutte continue désormais à un autre niveau : obtenir la compensation promise et restaurer l’environnement.

Pour terminer, Tchandra Cochet a ajouté quelques éléments sur les méthodes d’organisation des mouvements sociaux en France, en particulier l’importance de fédérer toutes les personnes de la société civile autour de la cause et de faire preuve de créativité, car c’est une des grandes forces des mouvements de masse.

Spanish : 

El segundo día del encuentro comenzó con la presentación de un último estudio de caso en Senegal sobre una comunidad desplazada y que fue reubicada en un territorio perteneciente a otra comunidad. Esto creó tensión entre ambos grupos ya que los medios de subsistencia de la comunidad residente se veían amenazados.

Entre el silencio y la violencia existe un espacio para la No-Violencia Activa:
La siguiente intervención estuvo a cargo del equipo de India. Rajagopal, Jill Carr-Jarris y Ajoy presentaron los fundamentos, perspectivas y estrategias del movimiento no-violento Ekta Parishad, que desde 1991 lucha en India por el derecho a la tierra.

El punto de partida de este movimiento fue un análisis detallado de la situación socio-política y socio-económica con la participación de comunidades rurales. Este análisis demostró que el problema de la tierra en India es en realidad una lucha por el acceso y control de los recursos naturales (tierra, agua y bosques) y que las comunidades, con bajo nivel de organización, no tenían nada que hacer frente a grupos poderosos altamente organizados (empresas privadas y poderes feudales) que cuentan con el apoyo de las estructuras del Estado. Esta situación genera pesimismo y silencio en las comunidades o desencadena situaciones de violencia cuando éstas tratan de exigir justicia.

Ekta Parishad ha demostrado a través de los años que un movimiento organizado minuciosamente permite movilizar fácilmente un gran número de personas e involucrarlos en acciones no-violentas y disciplinadas. Este proceso de movilización debe ser respaldado por un trabajo fuerte de formación, un proceso continuo de diálogo y debe estar soportado por una base de datos confiable.

Jagat Basnet, de CSRC Nepal, relató sobre cómo la organización popular “Foro Nacional de Reformas Agrarias" comenzó su trabajo de movilización desde el año 2005. La piedra angular de esta organización fue el exhaustivo análisis de la situación social y el empoderamiento de las mujeres y hombres de estas comunidades rurales para asegurar su autosuficiencia. Paralelamente se ha hecho un fuerte trabajo de incidencia y de participación comunitaria en el proceso de formulación de políticas del Estado. La organización continua creciendo y varias comunidades ya han adquirido tierra a través de distintas acciones y procesos organizativos.

El padre Alberto Franco, miembro de la "Comisión Intereclesial de Justicia y Paz" de Colombia, habló de una comunidad de 14.000 personas que fueron desplazadas violentamente de sus territorios bajo el pretexto de un enfrentamiento entre los grupos paramilitares y la guerrilla. Durante el proceso de acompañamiento de esta comunidad desplazada, la CIJP ha trabajado, entre otras, métodos de análisis de la realidad socio-política y socio-económica. La comunidad comprende que ellos habían perdido sus tierras porque una compañía de agro-combustible buscaba instalarse en la zona y que el enfrentamiento armado era la disculpa para sacarlos de sus tierras.

La CIJP hace presencia en la zona con el apoyo de la organización Brigadas de Paz (ONG internacional de voluntarios extranjeros) cuya presencia garantiza un mínimo de seguridad a la Comisión y a los miembros de la comunidad. Algunas personas han vuelto a sus parcelas, otros viven en zonas de refugio denominadas Zonas de Reserva Humanitaria. Esto ha sido posible gracias a la presión generada por diversas organizaciones internacionales como la Corte Interamericana de Derechos Humanos.

Martha Agbani de Nigeria relató la prolongada lucha no-violenta del pueblo Ogoni, quien logró la expulsión de la Compañía Shell Oil de sus territorios. Para ellos era claro que la unidad comunitaria, la persistencia y las manifestaciones innovadoras eran la clave del éxito frente a esta multinacional apoyada por el Estado. Sin embargo el nivel de degradación y contaminación del medio ambiente ha sido tal, que un informe del PNUMA estima que tomará cerca de 50 años la restauración completa de la tierra Ogoni. Aunque la lucha contra la Shell fue todo un éxito, esta continúa a otro nivel: el pago de una indemnización por los daños al medio ambiente y la restauración del medio ambiente y su cultura.

Marc Gansonre, presidente de la Confederación de Campesinos de Burkina Faso, explicó el proceso de reforma agraria que se aprobó recientemente (2009) en ese país y en el cual la Confederación jugó un papel fundamental en la fase de preparación. Actualmente, esta organización continua presionando al Estado para que se implemente la reforma.

Para terminar, Tchandra Cochet habló sobre los métodos de organización de los movimientos sociales en Francia. También señaló la importancia de reunir a la sociedad civil alrededor de causas haciendo uso de la creatividad, como el caso de la lucha contra la construcción de un mega aeropuerto en la ciudad de Nantes, que implicaría la adquisición de cientos de hectáreas de tierras cultivables para su construcción.

 
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